
La cheminée rénovée ©AOE
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Comment est né ce projet ?
On les soigne, on les écoute, on passe du temps avec elles. On ressort de leur quartier avec la blouse un peu moins blanche, une vague odeur de brûlé sur la peau, dans les cheveux. Les yeux rougis suivent les volutes noirâtres qui tentent une percée vers le ciel.
Nuit et jour, toute l’année, les fumées des braseros de fortune stagnent dans les cellules. Chez les femmes, la principale activité, c’est la cuisine : pour elles mais aussi pour les malades mentaux, pour les plus démunis, pour tâcher de faire un peu de commerce. Près de 600 rations quotidiennes sortent de ces casseroles posées sur des tréteaux improvisés. La quantité de nourriture à fournir et les moyens à disposition que pour y parvenir ne permettent pas d’interruption ni de faire la fine bouche en matière de combustibles.
C’est tout cela que traduit la fumée, les maladies oculaires, les poumons encrassés des femmes et des bébés. Pour y mettre de l’ordre, il faut percer le toit de tôle, évacuer l’air vicié que pour permettre à un air plus pur de se réapproprier les lieux. C’est ce que nous avons fait.
D’abord évaluer les besoins avec les détenues et obtenir l’accord des autorités, ensuite l’appel à projet et récolter les fonds. Enfin, bâtir la cheminée en expliquant pas à pas aux femmes ce qu’elles obtiendront comme résultat final. Cette belle aventure nous aura occupée de mars à juillet 2007. Aujourd’hui, les femmes respirent mieux, les maux oculaires s’estompent et l’efficacité des fourneaux ne rend plus indispensable leur travail jusqu’aux aurores. C’est tout cela que nous sommes heureux de partager avec vous au travers de ces photos.
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